Purple Professor Says (Archive)


Homecoming.Move homecoming to avoid a notorious street party“? What on earth are they on about? Have they forgotten the old joke? “How do you get the neighbors out of your front garden? Move your garbage cans into the back garden.” Move the party and people will attend it anyway: they’ll just move with it. And never forget the old song: “we are, we are, we are, we are, we are the engineers: / we can, we can, we can, we can, demolish forty beers.” Well, they’ve got to demolish them somewhere, haven’t they? They’ve got a reputation to maintain. Better out in the street than on campus, I say. And you know I’m right about that.

La fête des anciens.« Changer la date de la fête des anciens élèves afin d’éviter une beuverie notoire dans la rue? » De quoi donc est-ce qu’ils parlent? Est-ce qu’ils ont oublié la vieille blague? « Comment faire pour que les voisins ne viennent plus dans votre jardin côté rue? Mettez vos poubelles dans le jardin derrière la maison. » Changez la date de la fête et les gens viendront quand même : ils suivront le mouvement. Et surtout, n’oubliez pas la vieille chanson : « on est, on est, on est, on est les ingénieurs : on peut, on peut, on peut, on peut descendre quarante bières. » Ben oui, ils vont bien devoir les descendre quelque part, non? Ils ont une réputation à sauvegarder. Mieux vaut que ça se passe dans la rue que sur le campus, je vous le dis. Et vous savez fort bien que j’ai raison là-dessus.

I know, I wrote the book! Turn it upside down and inside out, I say, that antiquated authoritarian world of the novo-left-wing neo-Platonic drivel with its narrow, schematic, self-protecting views that leave everything buried under the grey ash of a relativistic Herculaneum with no black, no white, no clear divisions and everything left blurred and inconsequential. The death of the author, indeed: what author? I’m an author. I’m not dead. I’m still writing. Published another block-buster the other day; got one rejected, too: idiots; I’ll get them for that. Of course, not everyone out there is intelligent enough to understand the intricacies of what I write. My audience are specialists who can read between the lines and understand that the vast majority of critics don’t know what they are talking about. The articulated authority of the spoken word, indeed: pure nonsense. And I do know: I am the expert in this field. Carve it in stone, I say, like I did, when I published my first textbook. Updated it a bit, mind, over the years, and those royalties are still pouring in from 1,500 students in my first year class. They all have to buy a copy. I AM the authority. There’ no artsy-crafty wiggle-room when you read my textbook. It’s all fact, that’s what it is. No stuff and nonsense there. Science, I say: pure science. Cut out the vagaries of the corrupt and corrupting language and let the scientific facts wrapped up in their mathematical formulae and proofs, formulae that can never lie, speak for themselves. As for me: I am the master of those facts. I wrote the book, the only book you’ll ever need. And that’s a fact. February 2016 STLHE email blast


Je le sais. C’est moi qui ai écrit le livre. Moi, je dis : renversez-le et mettez-le à l’envers, le monde vétuste et autoritaire de ce radotage nouvelle gauche néo-platonique, avec ses idées étroites, schématiques et auto-protectrices qui abandonne toutes choses et les laisse ensevelies sous la gangue grise d’un Herculanum relativiste où il n’y a ni blanc, ni noir, ni aucune décision claire et où tout est flou et sans importance. La mort de l’auteur, c’est tout à fait ça : quel auteur? C’est moi, l’auteur. Je ne suis pas mort. J’écris encore. Rien que l’autre jour, j’ai publié un autre livre à succès; on m’en a aussi refusé un : des idiots. Mais ça, ils ne vont pas l’emporter au paradis. Bien entendu, tout le monde n’est pas assez intelligent pour comprendre les subtilités de ce que j’écris. Mes lecteurs, ce sont des spécialistes qui peuvent lire entre les lignes et comprendre que la vaste majorité des critiques ne savent pas de quoi ils parlent. L’autorité articulée de la parole, c’est tout à fait ça : une véritable absurdité. Et moi, je le sais : je suis l’expert dans ce domaine. C’est gravé dans le marbre, je vous le dis, comme je l’ai fait quand j’ai publié mon premier manuel. Je l’ai un peu mis à jour, quand même, au fil des ans, et je continue à encaisser les royalties des 1500 étudiants inscrits dans ma classe de première année. Ils sont obligés d’en acheter un exemplaire. Je SUIS l’autorité. Il n’y a de place pour aucune marge de manoeuvre astucieuse quand on lit mon manuel. Il n’y a que des faits, c’est tout. Ni trucs ni absurdités. De la science, je vous le dis : de la pure science. Supprimez les aléas des corrompus et de la langue corrompue et laissez les faits scientifiques, emmitouflés dans leurs formules et leurs preuves mathématiques, des formules qui ne mentent jamais, parler d’eux-mêmes. Quant à moi : je suis le maître de tous ces faits. C’est moi qui ai écrit le livre, le seul livre que vous aurez jamais besoin de lire!! Et ça, c’est un fait.
Publipostage électronique de la SAPES (Février 2016)

Those non-academics, they’re always on about something, just can’t leave us academics alone. Now they want us to train graduate students for employment unrelated to the academy. What nonsense. People come to grad school to be trained by academics to get jobs in academia. It’s not my fault if there aren’t enough academic positions, just invest some money and create some more. It’s all jargon anyway: Alt Ac , indeed; that’s almost as bad as Thx or NGI or TGIF or something. Look: when I was in grad school, not so long ago, the favorite interview question was ‘But can you type?’ Everyone had to learn how to touch type with ten fingers. Guess what: I took Mavis Beacon’s typing course and after two months practice I got 75% accuracy and 80 words per minute. Typed my own doctoral thesis, published a dozen papers, and twenty reviews, retook the typing test and scored 99% accuracy at 127 words per minute and that was with just three fingers. I’m not a BNF , but let’s get into RR with some AC . And while we’re at it, let’s deduct two fingers, and raise one to those political meddlers: make it the middle one.”
Ac-Alternative Academic, Thx- Thank you, NGI- Next Generation Internet, TGIF- Thank God It’s Friday, BNF- Big Name Fan, RR-Risk Reduction, and Ac-Actual Commitment.
September 2015 STLHE email blast


Ces gens qui ne font pas partie du milieu universitaire. Ces gens qui ne font pas partie du milieu universitaire sont toujours en train de faire des commentaires, ils ne peuvent pas nous laisser tranquilles, nous, les profs. Maintenant, ils veulent former les étudiants des cycles supérieurs à des emplois qui n’ont rien à voir avec l’université. Quelle absurdité. Les gens font des études de cycles supérieurs pour obtenir un emploi en milieu universitaire. Ce n’est pas de ma faute s’il n’y a pas assez de postes de professeurs, il suffirait d’investir un peu d’argent et d’en créer davantage. Tout ça, c’est du jargon, de toute façon : Alt Ac, effectivement, c’est presque aussi mauvais que Thx ou NGI ou TGIF ou d’autres trucs de ce genre. Moi, quand j’étais étudiants au doctorat, il n’y a pas si longtemps, la question favorite lors des entrevues était : « Oui, mais pouvez-vous taper à la machine? » Tout le monde devait apprendre à taper en utilisant les dix doigts. Alors, vous savez quoi? J’ai suivi un cours de dactylo avec Mavis Beacon et après deux mois de pratique j’ai obtenu une exactitude de 75 % et je tapais 80 mots à la minute. J’ai tapé moi-même ma thèse de doctorat, j’ai publié une douzaine d’articles et vingt critiques de livres, j’ai repassé l’examen de dactylo et obtenu une exactitude de 99 % avec 127 mots à la minute et j’utilisais seulement trois doigts. Je ne suis pas un BNF, mais essayons la RR avec un peu d’AC. Et tant qu’on y est, supprimons deux doigts et levons un de ces doigts politiques touche à tout : et que ce soit le majeur.”
Ac-Alternative Academic (professeur alternatif), Thx- Thank you (merci), NGI- Next Generation Internet (internet de la prochaine génération), TGIF- Thank God It’s Friday (Dieu merci, c’est vendredi), BNF- Big Name Fan (adepte des grands noms), RR-Risk Reduction (réduction des risques), and Ac-Actual Commitment (engagement réel).
Publipostage électronique de la SAPES (Septembre 2015)


New blood, you say: well of course we all need new blood. There’s nothing quite like it for stimulating the brain. I got some new blood myself, a transfusion, just last semester. It totally rejuvenated me. I took a month off teaching, stayed home, and did some real work in the garden. What? You mean new faculty? No, we don’t need any of them: much too young and inexperienced. Don’t need new blood when you’ve still got me: I’m full of it.”
February 2015 STLHE email blast

Du sang neuf, vous dites? Du sang neuf, vous dites : évidemment, on a tous besoin de sang neuf. Rien n’est meilleur pour stimuler le cerveau. Moi, j’ai eu du sang neuf, on m’a fait une transfusion le semestre dernier. Ça m’a totalement rajeuni. J’ai pris un mois de congé maladie, je suis resté à la maison et j’ai fait du vrai travail dans le jardin. Quoi? Vous voulez dire de nouveaux profs? Non, on n’en a pas besoin : ils sont trop jeunes et n’ont aucune expérience. On n’a pas besoin de sang neuf tant que je suis encore là : j’en suis plein, jusqu’aux yeux.
Publipostage électronique de la SAPES (Février 2015)


Volunteer? Me? Not a chance. My grandfather told me never to volunteer. He went to the Somme in WWI and was one of the few to actually come back, and with a medal. ‘Never volunteer,’ he told me. And my neighbor across the street, she said ‘Volunteering is for fools. You rarely get any thanks let alone a reward. What’s more, volunteering depends on mutual good will, and when the good will runs out, what then?’ As for me, I volunteered once, against my grandfather’s advice, and I’ll tell you something: I lost that loving feeling and I’ll never volunteer again.”
STLHE Newsletter No. 63 (Spring 2014)

Du bénévolat? Moi? Ah non, alors!. Mon grand-père m’avait bien dit de ne jamais me porter volontaire. Il a été au front à la Somme, pendant la Première Guerre mondiale, et il est un des rares gars qui en soit revenu, et avec une médaille. « Ne te porte jamais volontaire », m’a-t-il dit. Et ma voisine d’en face, elle m’a dit : « Le bénévolat, c’est pour les imbéciles. On est rarement remercié et encore moins souvent récompensé. De plus, le bénévolat est basé sur une bonne volonté mutuelle, et quand la bonne volonté disparaît, qu’est-ce qui reste? » Quant à moi, je me suis porté volontaire une fois, sans tenir compte des conseils de mon grand-père, et je vais vous dire quelque chose : j’ai perdu ce merveilleux sentiment et je ne vais jamais plus faire de bénévolat.
Bulletin de la SAPES No. 63 (Printemps 2014)


Embracing change, eh? Well, you know what they say: plus ça change… but seriously, there is very little new in the world of education. Bright kids are still bright kids and they’ll get along for themselves, no matter what we do for them or to them. As for the rest of them, well, they shouldn’t be here really, we all know that, even if we refuse to admit it in public. And as for change, the only thing that really changes is the newfangled nonsensical edu-babble with its long pseudo Greek and Latin hyphenated words now being invented to subvert what we have always done within the walls of the classroom. Within the classroom walls: that’s right. I’m the expert and they learn from me and they learn my way and in my classroom. And as for plus ça change, we all know that rest of it, plus c’est la même chose. Well, in my classroom they’re getting the même chose, as they have been for the last thirty years.”
STLHE Newsletter No 62 (Fall 2012)

Accueillir le changement, vous dites?Accueillir le changement, vous dites? Eh bien… vous savez ce qu’on raconte : plus ça change… mais sérieusement, il n’y a pas grand-chose de nouveau dans le monde de l’enseignement. Les étudiants intelligents seront toujours intelligents et ils vont s’en sortir tout seuls, peu importe ce qu’on leur fait ou ce qu’on fait pour eux. Les autres, eh bien, ils ne devraient même pas être là, de toute façon, tout le monde le sait, même si on refuse de l’admettre en public. Quant au changement, la seule chose qui change vraiment, ce sont ces trucmuches complètement insensés, le nouveau bagou d’éducation avec ces mots filandreux à rallonge pseudo-grecs et latins coupés par un trait d’union qu’on invente maintenant pour subvertir ce qu’on fait depuis des lustres entre les murs de la salle de classe. Entre les murs de la salle de classe : oui, exactement. Moi, je suis l’expert et eux, ils apprennent ce que je leur enseigne, à ma façon et dans ma salle de classe. Et en ce qui concerne plus ça change, eh bien, on connaît tous la suite, plus c’est la même chose. Dans ma salle de classe, je leur débite la même chose puisque c’est ça qu’ils sont, eux, depuis trente ans.
Bulletin de la SAPES No 62 (Automne 2012)


I am always ready to give advice to young profs. Just yesterday, I was helping this newbie polish his CV. ‘What’s this?’ I asked: ‘ 40% research, 40% teaching, and 20% administration? Is that how they teach you kids to prepare your CV in grad school?’ When he nodded, I said: ‘Wake up kid, and smell the coffee; here’s my formula: 45% grant writing (this includes smootching the customers and smelling out the cash), 45% research (tailored of course to the customers’ wants and needs), and 10% administration (to make sure the grant money stays under my control). As for teaching, I pay my assistants to do that. One of them picked up an Excellence in Teaching Award last year. Look, there it is on the wall: It’s got my name on it.”
STLHE Newsletter No. 61 (Spring 2013)

Je suis toujours prêt à donner des conseils aux jeunes profs qui débutent. Rien qu’hier, j’aidais ce petit nouveau à fignoler son CV. Qu’est-ce que c’est ça? Ai-je demande. 40 % pour recherche, 40 % pour l’enseignement et 20 % pour les tâches administratives? C’est comme ça qu’on vous enseigne à préparer votre CV aux études supérieures? Quand il a acquiescé, j’ai dit : Réveille-toi, petit, et ouvre les yeux. Moi, ma formule, la voilà : 45 % pour la rédaction de demande de subventions (ça comprend faire des mamours aux clients et flairer le cash), 45 % pour la recherche (adaptée aux désirs et aux besoins des clients, évidemment) at 10 % pour les tâches administratives (pour garantir que je continue à contrôler ma subvention). Pour ce qui est de l’enseignement, je paie mes assistants pour s’en occuper. Un d’eux vient d’ailleurs de recevoir le Prix d’excellence en enseignement, l’année dernière. Tiens, regards, cest sur le mur : tu vois, y a mon nom dessus.
Bulletin de la SAPES No, 61 (Printemps 2013)


Conferences? I love them. My PDF (Professional Development Fund) covers the hotel, air travel, taxi, meals, and conference fees. Then there’s the per diem. I turn up for the opening cocktails, arrive next day for breakfast, take a tour downtown until the conference lunch, and I catch a couple of ZZZ’s to referesh me before the evening cocktails and society supper. Then there are the social sessions, the other meals (price included with the conference fee), the conference lunches, the President’s invitational social, the Conference and Society banquets…Papers? Yes I did attend one session that was chaired by my wife. I told the organizers it was the best session I attended all conference. She often travels with me. We usually stay on for a couple of days after the conference and it makes quite a nice break.”
STLHE Newsletter No. 60 (Fall 2012)

Les congrès? Je les adore. Mon fonds de développement professionnel couvre l’hôtel, le transport par avion, les taxis, les repas et les frais d’inscription ou congrès. Et puis il y a le per diem. Je participe au cocktail d’ouverture, je me pointe le lendemain matin au petit-déjeuner, je fais une excursion au centre-ville jusqu’au déjeuner payé par le congrès, ensuite je fais une petite sieste pour me rafraîchir avant le cocktail du soir et le dîner de la société. Et puis il y a les rencontres sociales, les autres repas (dont le coût est inclus dans les frais d’inscription au congrès), les déjeuners du congrès, l’invitation du Président à la rencontre sociale, le banquet…Les communications? Oui, j’ai assistés à use session : celle où ma femme a présentées ses résultats de recherche. Elle voyage gratuitement, elle aussi, On reste quelques jours de plus après le congrès pour fair un peu de recherche. Ça fait de biens belles vacances.
Bulletin de la SAPES No. 60 (Automne 2012)


Continuity? I like that word. Normally I teach a load of “2 & 2”. But I’ve got a small research grant, and that lets me teach “1 & 1” for the next five years. But my sabbatical is due with a course release of “2 & 2,” and if I spread it over two years, I won’t have to teach for the next twenty-four months. We’re thinking of adopting, and that gives me parental leave (“2 & 2”) so that will give me two more years off. At that time, my half sabbatical will be due and that’s another year of freedom. Now that’s what I call continuity: five years free from teaching. Think about it I upped my research profile: up yours!
STLHE Newsletter No. 59 (Spring 2012)

Continuité? J’aime bien ce mot. Normalement, ma charge d’enseignement est de 2 cours en automne et 2 cours en hiver – 2 et 2, Mais j’ai obtenu une petite subvention de recherche, ce qui me permet de n’enseigner que 1 et 1 pour les 5 prochaines années. Par ailleurs, on me doit un congé sabbatique, ce qui me libérera encore de 2 et 2, et si je l’étends sur deux ans, je n’aurai pas à enseigner pendent 24 mois. Nous pensons adopter un bébé, ça me donnerait un congé parental de 2 et 2, ce qui ferait deux années de répit de plus. À ce moment-là, mon prochain demi-congé sabbatique me sera dû, ça me fera une autre année de congé d’enseignement, C’est ce que j’appelle de la continuité : je serai libéré d’enseignement pendant 5 années. Pensez-y : j’ai réussi à mieux me faire voir tant que chercheur! Allez donc vous faire voir, vous aussi! Bulletin de la SAPES No. 59 (Printemps 2012)


Why do I teach? Why the heck do you think I teach? I’ve got a second mortgage to pay off, then there’s the alimony from my first wife, then there’s the insurance policy for the second wife so I can leave her and the kids something; and don’t forget the kids: there’s two lots of them and there’s the house to maintain and the roof’s been leaking and we need new windows at the back… why do I teach? I’ll tell you, the day I win a lottery, I’m out of here. And until then, it’s the gravy train for me. I’m tenured: just try and get rid of me!”
STLHE Newsletter No. 58 (Fall 2011)

Pourquoi j’enseigne? Pourquoi diable est-ce que j’enseigne? J’ai une deuxième hypothèque à payer, et puis il y a la pension alimentaire que je verse à ma première femme à payer, la police d’assurance pour ma second femme, question de leur laisser, à elle et aux enfants, une petit quelque chose; et il ne faut pas oublier les enfants : pas facile d’en soutenir deux bandes; et puis il y a la maison à entretenir et le toit qui coule et les fenêtres de derrière qu’il faut changer… Pourquoi j’enseigne? Si vous voulez le savoir, le jour où je gagne le gros lot à la loterie, je lève les pattes. Et d’ici là, c’est la sinécure pour moi. J’ai ma permanence : essayez donc de vous débarrasser moi!
Bulletin de la SAPES No. 58 (Automne 2011)


What do I teach? What sort of stupid question is that? I teach what I’m told to teach, of course. Luckily, I’ve got seniority, so I’ve been teaching the same course for the last twenty years or so. Same course: different students; and I give my students good advice” ‘Know the text!’ I tell them. And I teach them the text, the whole text, and nothing but the text. ‘Keep it beside your beds.’ I tell them. ‘Read it every night.’ When they ask me what’s on the upcoming test, I always tell them the same thing: ‘The next chapter of the text of course.’ And if they ask me how to prepare for the test, I tell them read the text and know it all, off by heart, the footnotes, the small print, the headings for the diagrams … all of it, everything, every last word. Is it a good text you ask? Of course it is. It ought to be. I wrote it myself.”
STLHE Newsletter No. 57 (Summer 2011)

Ce que j’enseigne? Quelle question insignifiante! J’enseigne ce que l’on me dit d’enseigner, évidement. Par chance, j’ai de l’ancienneté, donc je donne le même cours depuis les vingt dernière années, environs. Je donne toujours le même cours, à des étudiants différents, et je leur donne de bons conseils : « Apprenez bien le contenu du manuel! ». Et je leur enseigne le contenu du manuel, tout le contenu et rien que le contenu. « Gardez-le sur votre table de chevet, lisez-le tous les soirs ». Quand ils me demandent ce qu’il y aura au prochain test, je leur réponds toujours la même chose : « le prochain chapitre du manuel, évidement ». Et s’ils me demandent comment se préparer pour le test, je leur réponds de lire tout le manuel, et du connaître par cœur, même les notes en bas de page, les petits caractères, les titres et les diagrammes … la totalité, jusqu’au dernier mot. Vous vous demandez, est-ce un bon manuel? Bien évidemment et sans aucun doute. Je l’ai rédigé moi-même.
Bulletin de la SAPES No. 57 (Été 2011)


Students don’t change; they are just the same as they always were: unprepared, casual, empty vessels expecting to be filled, potential disasters waiting to happen. When I teach, I look out a sea of anonymous faces: I don’t know their names, nor do I want hear their stories. I’m just not interested in their daily cares and worries. So what if they’ve got problems? Those problems have absolutely nothing to do with me and even less to do with my subject. As for grading, I hate marking their work; its handed in at the last possible minute, and its sloppy and careless. Give them one good examination at the end of the year, as hard as possible, to test them on the small print and the footnotes. That’ll sort the wheat from the chaff! And stop wrapping them up in cotton wool; don’t mollycoddle them: it’s just not worth it. Throw them in the deep end, I say, and let them sink or swim.”
STLHE Newsletter no. 56 (Spring 2011)

« Les étudiants ne changent pas; ils sont exactement comme ils ont toujours été : mal préparées, inattentifs, cruches vides en mal remplissage, désastres imminents en puissance. Lorsque j’enseigne, je fais face à une mer de visages anonymes; je ne veux pas connaître leurs nom, pas plus que je veux entendre leurs histoires. Leurs préoccupations et leurs soucis ne m’intéressent tout simplement pas. Qu’est-ce que cela pourrait bien me faire qu’ils alent des problèmes? Ces problème ne me concernent en rien, et concernent encore moins la matière que j’enseigne. Et en ce qui a trait à leur évaluation, attribuer des notes à leurs travaux me fait horreur; soumis à la dernière minute, ils sont tout sauf solgnés. Donnez-leur un seul examen à la fin de l’année, du plus haut niveau de difficulté possible, pour tester leur maîtrise des textes en petits caractères et en notes de bas de page. Cela permettra de séparer le bon grain de l’ivrale. Et arrêtez de les traiter aux petits oignons : ne les dorlotez pas : ça ne vaut vraiment pas la peine. Lancez-les dans l’eau profonde et laissez-les couler ou apprendre à nager »
Bulletin de la SAPES no. 56 (Printemps 2011)